Tensions sur la Mer Noire

La mer Noire, le Bosphore, la mer de Marmara et les Dardanelles jouent un rôle économique croissant  comme carrefour du trafic des ports roumains (Constantza), turcs (Sinope, etc.), ukrainiens (Odessa, etc.), bulgares (Varna), russes (Novorossisk) et géorgiens mais aussi comme zone stratégique entre l’Orient et l’Occident. Peu d’européens ont une connaissance même superficielle de la mer noire et de son importance géostratégique pour la circulation du pétrole et du gaz qui les approvisionnent. La guerre des oléoducs n’a jamais cessé, bien au contraire. Les russes faute de pouvoir contrer le « soft power » dominant des américains, qui jouent sur l’influence de sa puissance médiatique en matière économique et politique, se cantonnent à une stratégie «  hard power » des territoires en essayant de maintenir un glacis aussi important que possible autour de la Russie. Sans trop de succès, il faut bien le reconnaitre. L’activisme des américains qui utilisent leur formidable outil d’espionnage électronique leur permet de faire ou défaire des gouvernements selon qu’ils sont pour ou contre leur politique. Un destin promis au gouvernement de la Macédoine en 2014 qui avait refusé de participer aux sanctions contre la Russie à propos de l’Ukraine. Lorsque les américains ont renforcé leurs contrôles sur les approvision-nements passant par la Turquie, les russes ont soutenu la dissidence de L’Abkhazie, région de la Géorgie. Elle est devenue, avec leur soutien, une « république autonome » en chassant les géorgiens qui formait la grande majorité de la population. Grâce à cette manœuvre géostratégique l’Abkhazie fermait presque totalement l’accès à la mer noire pour la Géorgie. Ce qui a permis aux Russes de faciliter leur accès à la mer noire – tout comme ils le font actuellement coté Ukrainien – un mouvement qui leur permet de menacer l’approvisionnement de l’Europe en hydrocarbures. Par réaction et pour limiter l’encerclement russe qui tient non seulement l’Abkhazie, mais aussi l’Ossétie du sud et du Nord et les cols du Caucase, le gouvernement géorgien a développé des accords militaires privilégiés avec les États-Unis créant des tensions supplémentaires entre l’OTAN et la Russie.