L’ouverture d’un musée à la gloire de Staline.

Si le Kremlin n’oublie jamais de rappeler combien les russes ont souffert durant la dernière guerre, il se garde bien de raviver le souvenir des immenses mouvements des citoyens soviétiques soumis à des purges cruelles, à des famines qui fit des millions de morts. Le Kremlin encourage la fermeture des musées dédiés aux exactions du communisme et relance l’ouverture de musées dédié à l’admiration des peuples de Russie pour leur dictateur préféré ; l’homme providentiel qui sauvera l’URSS des nazis, le camarade Staline. On devine l’ombre de Poutine, nouveau tsar rouge, plus soucieux de se maintenir au pouvoir que du bonheur de ses citoyens. Sa dernière trouvaille, l’ouverture d’un musée en l’honneur de l’action du camarade Joseph Staline durant la dernière guerre en s’appuyant sur une falsification de l’histoire. Staline sera présenté comme un « chef militaire, une figure du gouvernement, et le leader du pays, un homme politique et organisateur ».  Poutine se sert habilement de l’image positive qu’ont encore 52% de russes de Staline. Mais Poutine oublie que beaucoup d’autres russes ne sont pas dupes. Les familles de millions d’entre eux ont été victimes de la répression politique et des déplacements de masse que Staline a orchestrées durant des décennies.

Et c’est oublier que cette victoire, la Russie la tenait d’abord de la qualité de ses généraux et de l’extraordinaire courage de ses soldats. Pour eux, pour les anciens, ce musée était une falsification politique stupide et un déni de la réalité. Sans doute attentif à la réaction de certains de ses cadres, le Kremlin avait pris la précaution de prévoir son ouverture en mai 2015 pour coïncider avec le 70e anniversaire de la célébration de la victoire de l’Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale. L’installation prévoit de mettre en vedette le rôle de Staline dans la défaite de de l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale et le développement du secteur industriel de son pays sans qu’il soit fait mention de sa responsabilité dans la féroce répression politique de son régime qui fera plusieurs millions de morts. Symbole toujours, parallèlement, les russes apprenaient que « Perm-36 », un musée de la prison dédié aux victimes des goulags soviétiques fermait ses portes après des mois de pression croissante des responsables régionaux. Selon son responsable il deviendra un musée sur le système pénal soviétique en abandonnant ses expositions sur les prisonniers politiques et la répression l’époque de Staline. L’équipe de Poutine comptait présenter le musée comme un musée militaire avec pour mission de faire « l’éducation des citoyens russes … dans l’esprit de l’amour, la dévotion et le service désintéressé à la mère patrie, le respect pour les défenseurs de la patrie, et des Forces armées de la Fédération de Russie « . Chacun jugera.