Dixit Raveszac, le parrain de la Légion Rouge

 

La seule arme de la Russie, c’est son pétrole … et ses capacités d’importations de produits et équipements) nécessaires à son développement et à sa modernisation. L’immensité même de la Fédération reste son meilleur atout. Les besoins y sont immenses. Une formidable opportunité pour les industries et les entreprises européennes. Même si l’Europe peut réduire sa dépendance au pétrole russe, les conditions d’accès à d’autres sources d’approvisionnements y compris vers des ressources renouvelables ne pourront pas être bien moins faciles et pas moins économiques. Le cartel énergétique mené par Gazprom a encore de belles années devant lui alors que l’emprise de la Russie reste forte sur certains des pays où passent les principaux oléoducs et gazoducs alimentant l’Europe. Il suffira de deux jours pour que l’armée russe envahisse la Géorgie et pour finir de bloquer une partie des précieux vaisseaux qui alimentent l’Europe. Je ne paris pas un dollar, ni un rouble sur le destin de l’Azerbaïdjan, puissance pétrolière, ancienne république soviétique si les responsables de Gazprom, ex KGbistes, décident que l’alliance politique avec les Etats-Unis et la Turquie en vue de rejoindre l’OTAN, n’est plus tolérable bien que son président, Ilham Aliyev, est souvent donné des gages à son puissant voisin.

Par ailleurs, les européens auraient tout intérêt à s’interroger sur la politique « amicale » des russes envers l’Iran notamment alors qu’ils peuvent faire front commun pour imposer un blocus énergétique lourd de conséquences aux pays européens trop « atlantiste ». Voilà pourquoi trop suivre les américains dans leur volonté hégémonique d’affaiblir la Russie est contre-productif pour les européens. Le réalisme politique commande au contraire à s’en tenir à la politique entamée à la fin de la guerre froide : développer le commerce entre les nations européens et les pays de la Fédération Russe. En gênant le déploiement des oléoducs russes l’Europe se tire une balle dans le pied tout en favorisant le rapprochement entre la Chine et la Fédération Russe. De plus, nombre de pays européens comme la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Finlande et la Bulgarie n’ont pas – et de loin – le désir de se passer d’un fournisseur dont ils sont totalement dépendants.