Critique exécution d’Armonie à la fin de sa première année au Mozarteum

« Mademoiselle Armonie Bolhmen met en scène les innombrables fantômes qui semblent la hanter. Pourquoi autant de talent pianistique pour une composition aussi creuse. C’est vrai que notre interprète n’a pas le goût à faire des courbettes vis-à-vis des critiques mais l’ivresse et la magie de ses interprétations ne justifient pas un jeu aussi agressif et brutal. On en viendrait à penser qu’elle a des comptes à régler avec son piano comme dans son « Rondo e Capriccio de Beethoven ». Non ? Cette pianiste est une vraie publicité pour les piles Wonder, son jeu est survolté, le morceau à peine commencé, on devine qu’elle souhaite en finir au plus vite… Une artiste exacerbée, impulsive, une vitalité pas toujours contrôlée mise au service d’une imagination sans bornes qui nous donnent l’occasion de découvrir un touché très personnel, différent, parfois dérangeant. Le style évolue vers une exaltation de la ligne mélodique, mélange de style romantique allemand et d’incursion dans les musiques modernes dites populaires. Visiblement notre héroïne de l’Allemagne de l’Est avec ses interprétations – oui vous avez bien lu – ses interprétations très personnelles de la Marche turque de Mozart, joue pour nous déranger, pour bousculer nos habitudes et finalement pour nous séduire, même si elle s’en cache volontiers. Il lui reste encore à démontrer qu’elle est digne de représenter notre Université dans le monde de la musique. Il y a du travail. Nous l’y encourageons. »